mercredi, novembre 22, 2006

butterfly effect

via Quelque chose dans ce dessin m'a fait penser à Jean Staune ! L'efficacité ?

mardi, novembre 14, 2006

Kallima inachus & Jean Staune

Source Image

J'ai eu du mal a trouver quelques données pour discuter les assertions de au sujet de l'évolution des . Mais je les ai et je peux faire une critique illustrée du texte de Staune à ce sujet :

Et là où les choses deviennent extraordinaires c’est que le mycologue , ancien directeur du a pu identifier quelle espèce précise de champignon était représentée sur les ailes de ce papillon.
Certes, plus le camouflage est parfait, plus cela représente un avantage pour l’animal, dira un darwinien.
Mais voilà pour arriver à son état actuel, un Kallima a dû au fil des générations franchir les étapes suivantes.
1/ Kallima ressemblant déjà à une feuille morte mais sans tâches sur les ailes.
2/ Kallima avec des tâches sur les ailes.
3/ Kallima avec des tâches sur les ailes ressemblant vaguement à un champignon.
4/ Kallima avec des tâches sur les ailes ressemblant vraiment à un champignon.
5/ Kallima avec des tâches sur les ailes ressemblant un peu à une espèce particulière de champignon.
6/ Kallima actuel avec des tâches sur les ailes ressemblant exactement à une espèce particulière de champignon
Or s’il est possible que la sélection naturelle puisse permettre le passage de l’étape 1 à l’étape 2 ou de la 2 à la 3 , le processus s’arrêtera à l’étape 4 ou au mieux à l’étape 5.

Car il n’y a pas d’oiseaux « mycologues » capable de manger un « père » se situant à l’étape 5 et de laisser vivre son fils mutant se situant à l’étape 6 en le confondant avec une vraie feuille morte. En d’autre terme, la sélection naturelle n’est pas assez puissante pour que, si l’étape 5 est atteinte et que par hasard une mutation va faire naître un Kallima porteur de tâches ressemblant exactement à un champignon (étape 6) celui-ci soit avantagé au point de remplacer à terme les Kallima « restés » à l’étape 5.

En regardant ses six spécimens de la première question qu'on se pose est si Roger Heim n'en a vu qu'un seul et unique exemplaire de Kallima avant d'identifier l'espèce précise représentée sur les ailes des Kallima. J'en avais le sentiment en lisant que pas deux exemplaires de ce papillon n'étaient identiques, mais en discutant avec un entomologiste le doute s'était installé quand à la ressemblance éventuelle des motifs. Après avoir admiré la variété des Kallima en direct je me rend compte que les étapes 1 à 6 de la séquence évolutionnaire imaginaire que Jean Staune nous sert ne sont pas.

Qu'un mycologue se prononce au sujet d'un spécimen de papillon en y voyant une ressemblance avec une feuille infestée par un champignon particulier passe encore. Quoiqu'il aurait dû se poser la question de la diversité du caractère.

Que cette observation soit à la base d'élucubrations gratuites destinées à attaquer une théorie scientifique, sans se poser la question de la diversité du trait phénotypique, est caractéristique, d'une part, d'une méconnaissance du sujet, d'autre part, d'une mauvaise foi manifeste. Aggravé par un fameux :

Là, c’est vraiment “l’hospital qui se fout de la charité” : en permanence les darwiniens multiplient les raisonnements ne reposant sur aucune donnée. Ils racontent de jolies histoires parfois crédibles parfois ressemblant à des contes de fées.
[...]
Sur le fond, la séquence présentée ici est de loin la plus crédible car les spécialistes des papillons admettent que la forme “imitation d’un champignon” ne peut apparaître que sur un champignon qui ressemble déjà à une feuille, pour des raisons décrites ci-dessous.
[...]
La séquence que j’ai donnée, ou l’imitation du champignon se développe sur un paillon qui ressemble déjà à une feuille morte est la seule crédible POUR LES DARWINIENS, celle proposé implicitement par V. est profondément non darwinienne- sans qu’il en soit conscient. Ici V. fait du non-darwinisme comme Mr Jourdain faisait de la prose, sans le savoir [source]

Bon, je ne faisais pas du non-darwinisme ce qui doit attrister quelques uns, y compris Jean Staune. La séquence qu'il a donné n'a rien à voir avec les données issues de juste 6 spécimens, il ne s'agit pas de séquence mais de phénotypes co-existents, ce qui était probable, plus probable qu'une séquence.

Il va falloir ranger gentiment cet exemple à la poubelle et Staune devra modifier profondément son chapitre après avoir enlevé l'exemple des Kallima qui lui servait de pivot pour attaquer le darwinisme.

Pour conclure avec ce cas particulier :

Mais j’ai gardé le plus beau pour la fin

V. disait
« aucune mention de la variance de ces deux traits dans la population actuelle des Kallima »
Bonne intuition Antoine… mais elle porte le coup de grâce au darwinisme dans ce dossier. Car il existe des Kallima imitant des feuilles mortes qui ne portent aucun champignon sur les ailes ! Ils sont restés à la séquence 1. Je suis en train d’essayer de faire vérifier auprès de spécialistes s’ils vivent dans les mêmes biotopes que les Kallima avec champignons sur les ailes. Si c’est le cas V. devra se surpasser en terme de contes de fées pour nous expliquer pourquoi la présence du champignon sur les ailes du Kallima représente un avantage sélectif pour lui !
Si ce n’est pas le cas V. fera la supposition purement gratuite que les prédateurs qui chassent les Kallima sans champignon ONT UNE MOINS BONNE vue que les prédateurs qui chassent les Kallima avec champignons
Supposition très peu crédible car à part les rapaces ( qui ne mangent pas de papillon)les oiseaux vivant dans des forêts denses ont des vues équivalentes. V. devra donc apporter la preuve de son éventuelle future supposition gratuite (les raisonnements darwiniens sont tellement stéréotypés qu’on peut LES PREVOIR à l’avance !)

Jusque là le Kallima restera un emblème pour les non-darwiniens.

L'intuition était vraiment bonne. L'hypothèse de base de la séquence imaginaire de l'évolution des Kallima tombe à l'eau. Pas deux Kallima ne sont identiques et accidentellement certains motifs peuvent ressembler beaucoup à l'une ou l'autre des espèces de champignons qui s'installent sur les feuilles mortes. Mais ce n'est pas un trait stable au sein d'une espèce que de ressembler "exactement à une espèce particulière de champignon".

Ainsi je n'ai même pas besoin d'essayer de traiter le sujet, puisque sujet il n'y en a pas.

Bien entendu les prévisions de Staune au sujet de mes hypothèses quant aux prédateurs des Kallima sont à côté de la plaque. Mais je laisse encore un peu le sujet en stase; qui sait, peut-être que dans un accès de lucidité, ou en avançant des hypothèses au hasard, il pourrait trouver la bonne question. N'est-ce pas ?

mardi, novembre 07, 2006

sérieusement ?

Liberty University is looking for Biology Professors by chronicle.com: "Biology: Two positions. Rank open. Ph.D. and compatibility with a young-earth creationist philosophy required. 1) Human anatomy and physiology, 2) undergraduate genetics. Supervision of undergraduate research expected. Contact Dr. Paul Sattler - pwsattler@liberty.edu."

(Via RichardDawkins.net : The Latest Updates.)

mercredi, octobre 25, 2006

toxoplasmes

Je viens de tomber sur un papier du Telegraph (UK), où

Prof Steve Jones describes the extraordinary life of the single-cell parasite that makes mice lose their fear of cats
Trouvant l'histoire fascinante, j'ai voulu trouver des papiers de qui discutent du sujet, sans succès ! J'en étais à retourner vers les pages du journal pour vérifier si la date de publication n'était pas le premier avril, quand l'idée farfelue m'est passé par la tête de lancer la requête "toxoplasma behavior" dans PubMed.

Ce n'est pas une blague, il semble bien que les toxoplasmes affectent le comportement de leurs hôtes.

Je viens de finir la lecture en diagonal du papier Jitka Lindova ́ et al., Gender differences in behavioural changes induced ..., International Journal for Parasitology (2006), doi:10.1016/j.ijpara.2006.07.008, qui montre même qu'il y a un dimorphisme sexuel dans la façon d'être affecté(e).

The aim of using behavioural data was to confirm (or refute) the existence of an opposite effect of latent toxoplasmosis on men and women in the personality characteristics Relationships (warmth), Self-Control (rule consciousness), Clothes Tidiness and Mistrust (vigilance). In all four behavioural composite variables studied, we found a significant or nearly significant gender difference in the influence of latent toxoplasmosis on men and women. Specifically, we found significantly lower scores in infected men compared with uninfected men in Relationships, Self-Control and Clothes Tidiness and a trend in the opposite direction in the same variables in infected women compared with uninfected women (with the exemption of Relationships, where the scores of infected and uninfected women did not differ).
[...]

In conclusion, this study has shown that latent toxoplasmosis probably causes profound changes of human behaviour, predominantly the behaviour directed to other people and society. Therefore, Toxoplasma must be considered one of the biological factors that are able to afect the key traits of human personality.

Comment est-ce que je suis arrivé là ? Je travaille un petit texte sur les mèmes et j'en étais à la comparaison de R. Dawkins qui les considère comme des virus et à la position de Bruce Hood qui considère que nous naissons avec un cerveau superstitieux.

Et je me suis posé la question si nous ne sommes pas en présence de deux populations, une que je considérerai comme la wild type, qui présente bien un comportement superstitieux tel que Hood le remarque et une autre, qui serait la mutante débarrassée, soit des gènes déterminant le comportement superstitieux, soit devenue résistante au parasite. La question est basée sur des peanuts mais elle pourrait bien faire partie d'un morceaux de SF.

mardi, octobre 24, 2006

Great tits

via Oxford indulgence

University of OxfordIt’s the headline someone at the University of Oxford press office could not resist writing:

Great tits challenge evolutionary theory

(Thanks to investigator Kristine Danowski for bringing this to our attention.)

lundi, octobre 23, 2006

la verité

Par moment, on a beau vouloir se changer les idées on échoue lamentablement, non pas par manque d'intérêts divers et variable ou à cause de problèmes de se concentrer. Juste parce que certains parasites semblent couvrir une large portion de la bande passante.

Hier je me suis dit que je laisserais tomber l'ID, l'UIP et consorts pour lire un peu de science "annexe". Je choisis au hasard un des sujets que j'ai soigneusement rangés dans mon lecteur de flux d'actualisation et je lance un "refresh" pour voir ce qui a été posté récemment sur les blogs des uns et des autres. Au menu, hier matin : nanotechnologies. Au troisième post je tombe sur ça : Does “Soft Machines” present arguments for Intelligent Design? o_0 WTF?

Je suis les liens proposés par Richard et je tombe sur truth in science ! Déjà il y a des sonnettes d'alarme qui se déclenchent à chaque fois que je vois les mots "vérité" et "science" dans un titre quelconque. Non pas que je pense que la science ment, mais c'est tellement évident que non que dire "science" me semble largement suffisant. S'il faut préciser qu'on parle de "vérité" ça sent l'embrouille.

Il est intéressant de parcourir le site, qui balance entre le créationisme avoué de certains des membres de la direction et le flirt avec l'Intelligent Design. L'entreprise me rappelle une autre organisation, plus proche, moins communicante et nettement moins claire quant à ses positionnements.

Au moins avec Thruth in Science LTD on sait à quoi s'en tenir.

dimanche, octobre 22, 2006

la survie du plus apte

C'est une façon simple, simplifiée, simplifiée à outrance même, pour signifier ce qui favorise la survie de certains individus et la transmission de leurs gènes.

C'est tellement simplifié que les anti-darwinistes s'en servent parfois comme contre-argument pour s'attaquer à la théorie de l'évolution des espèces. Il est parfois nécessaire de passer outre les simplifications à visée éducative et d'expliquer en détail certains aspects de la question pour les pauvres d'esprit ou pour les fainéants du neurone qui ne se donnent pas le mal pour réfléchir un peu avant de sortir des grosses conneries.

De la part de ceux qui trouvent que le darwinisme est une invention du diable pour éprouver les croyants on ne peut pas s'attendre qu'ils fassent l'effort intellectuel nécessaire pour appliquer le couplet MA & SN de façon intelligente soit à leurs propres observations, soit à celles d'autres personnes. Ceci est d'autant plus vrai si les croyants en question il n'ont pas eu de l'entraînement en sciences suffisant pour qu'ils disposent d'une connaissance suffisante des méthodes à appliquer.

Ainsi, ce qui peut paraître superflu à mentionner à quelqu'un qui a pigé comment ça marche peut être important à mentionner à des buts éducatifs, non pas obligatoirement à l'attention des croyants, mais au moins pour ceux qui veulent aborder le sujet sans se restreindre à des idées préconçues1.

La majorité des gens s'arrêtent à l'aléatoire que représentent les mutations au niveau du génome, de l'ADN. Peu se rendent compte du caractère aléatoire de la SN :-) Et encore plus nombreux sont ceux qui oublient qu'ils abordent un domaine ou les individus ne doivent pas être isolées et que le raisonnement en termes statistiques rend mieux compte de la réalité.

Le terme "sélection naturelle" n'est pas le meilleur choix qui a été fait pour signifier l'adéquation entre certains individus et les conditions environnantes qui les favorisent en termes de survie et de reproduction. Il y a des relents de choix faits par la nature dans "sélection naturelle" et si on n'a pas les idées claires il est très facile de glisser vers un raisonnement téléologique. Je préfère et de loin réfléchir en termes de "compatibilité écologique temporaire", compatibilité avec l'écosystème, durant le laps de temps entre la naissance des individus et leur reproduction. Compatibilité pour clairement signifier qu'il s'agit d'une interaction entre les individus et le milieu sur la base des lois physico-chimiques, écologique pour signifier que le dit milieu est l'écosystème auquel ils appartiennent/participent et temporaire pour indiquer que cette compatibilité est restreinte dans le temps, puisque le milieu varie lui-même.
Je ne pense pas que papy Darwin serait en désaccord avec cette formulation.

Même en reformulant SN par CET on laisse de côté les petits accidents individuels qui peuvent avoir des conséquences. Imaginez la graine au patrimoine génétique parfaitement adapté à l'écosystème et à son évolution durant les n prochaines années, que rien ne distingue extérieurement (phénotypiquement) des autres graines, et le petit moineau qui vient la picorer parce qu'il avait un petit creux:-) Rien ici ne concerne l'aptitude de la graine à survivre si on la compare aux autres graines, la survie du plus apte se transforme à la survie du plus apte qui a eu l'opportunité de démontrer son aptitude.

Oublier de considérer la SN pour ce qu'elle est , en abordant un problème d'évolution biologique, peut facilement conduire à des conclusions fantaisistes.

1. Les idées reçues d'autres et que l'on ne comprend pas sont probablement les plus dangereuses; plus un interlocuteur est habitué à citer les autres plutôt que de donner son propre avis, plus il faut le soupçonner de ne pas avoir un avis personnelle, produit par lui-même.